Edido

samedi 16 août 2014

L'Etat c’est la viande du coup, on mange et on critique


L’état mauritanien est l’état qui subit le plus de pression au monde. Ici tout est lié à l’état, cette mamelle nourricière que nous passons notre temps à traire et à maltraiter. L’état assure le service public, la sécurité des biens et des personnes, dispense la justice et fait tourner le pays.

Les hommes d’affaires vivent aux basques de l’état et thésaurisent leur propre argent. La Mauritanie set l’un des seuls pays au monde où le privé ne contribue pas à l’économie nationale, où le privé n’investit pas dans des activités génératrices d’emplois ou de plus-values.

Tous les regards sont tournés vers l’état et vers le budget de l’état. Si le budget tarde à être mis en place c’est la catastrophe et si le budget s’épuise c’est le deuil jusqu’à la mise en place d’un nouveau budget.


Les banques tiennent plus d’institutions d’épargnes et de dépôts que de banques. Elles ne respirent que par les virements des salaires des fonctionnaires de l’état et des dépôts des sociétés et des projets de l’état. Elles ne financent absolument rien et pour un prêt de cent mille ouguiyas elles vous demandent un titre foncier comme garantie.

Les petites et moyennes entreprises n’arrivent pas à se développer à cause de la concurrence déloyale des grandes sociétés de la place. Sociétés qui appartiennent toutes à des hommes d’affaires qui sont eux-mêmes entrepreneurs, banquiers…

L’industrialisation on n’en parle pas. Ce qui marche chez nous c’est la distribution et le courtage. Les hommes d’affaires, toujours eux, importent des produits finis et les distribuent en empochant tranquillement bénéfices, dividendes et commissions qui sortent aussitôt de la chaine économique nationale. Ces messieurs étouffent l’industrie et toutes idées d’industrie.

L’état a distribué des centaines de milliers de terrain et tous les mauritaniens, riches et pauvres,  sont demandeurs de terrains . Les vivres distribués gratuitement aux pauvres tout le monde en veut. La viande faisandée, l’emploi, le microcrédit tout le monde est preneur, les riches avant les pauvres.

Les ministres, les secrétaires généraux, les directeurs généraux, les chefs de projets et autres sont assiégés quotidiennement par des cohortes, par des hordes qui n’ont rien à envier aux soldats de Gengis Khan.


En un mot comme en mille l’état mauritanien c’est comme la viande du coup, on la mange et la critique. Et si aujourd’hui les gens sont pressés de connaitre la nouvelle composition du gouvernement c’est pour connaitre ces nouveaux cadres qu’ils vont presser comme des citrons. Pourquoi ne pas leur laisser ceux qui ont déjà subi moult assauts et dont la peau commence à durcir ? A quoi bon envoyer de nouveaux malheureux à l’abattoir.

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