Edido

mercredi 16 juillet 2014

Et si on mettait le doigt sur ce qui fait mal pour crever l’abcès

Depuis 2009 les hommes qui ont eu à occuper de hautes fonctions dans l’administration publique vivent un vrai calvaire. Certains prennent mille précautions pour aller au bureau et une fois qu’ils y sont ils s’y barricadent. D’autres ne rentrent que très tard chez eux leurs domiciles étant assiégés jusqu’à des heures tardives par des visiteurs…envahissants.

La cause de cette situation est à chercher  du coté des comportements qui prévalaient avant 2009 et qui auraient dû être traités au même titre que les autres maux hérités de cette époque. En fait elle aurait dû recevoir la priorité absolue car ses conséquences sont néfastes pour le rendement de l’administration, pour l’unité nationale, la cohésion sociale et l’image du pays.




Pendant les années où on puisait à pleines mains dans les caisses de l’état l’argent coulait à flots et des habitudes se sont installées. Ces habitudes se sont ancrées au point de faire partie des us et coutumes de la société. Elles ont tout vicié, tout corrompu.

Elles ont tout influencé, tout chamboulé, la vie publique, la vie sociale tout y passe. La villa haut standing, la voiture rutilante et chromée, dés événements sociaux  fastes et surmédiatisés. L’institution sacrée du mariage est devenue comme une citadelle assiégée, ceux qui sont dedans cherchent à sortir à tout prix. La tendre moitié est devenue la dure moitié.

Les habitudes prennent du temps pour s’installer tout comme elles en prennent pour partir. La mutation est en cours et elle se fait dans la douleur mais elle est salvatrice. Le gaspillage pervertit la société et sape les efforts de développement

Pour inverser la tendance il serait utile de prendre sans attendre les mesures qui s’imposent et si on commençait par :
  • Mettre les décideurs publics dans de bonnes conditions matérielles : Les cadres supérieurs ont vécu l’austérité, on les a privé de véhicules, de logements, de carburants, de téléphones, enfin de tout le confort, quoi. Cette austérité se justifiait avant mais plus maintenant que tous les indicateurs sont au vert. En plus aujourd’hui aucun responsable ne peut donner d’audiences publiques. La raison en est que 99 % de ces visiteurs-là demandent une assistance matérielle. Le comble est que le sollicité a souvent plus besoin d’aide que le solliciteur.

  • Réapprovisionner le compte dons, appuis et subventions, très négligé ces derniers temps-ci : cela permettra aux décideurs publics de répondre aux multiples sollicitations dont ils sont l’objet afin de s’acquitter de leur mission en toute quiétude. La pression ce n’est jamais bon pour le rendement.

  • .Amener les décideurs du privé à s’investir dans le processus de développement en cours. Jusqu’à présent ils se sont comportés en courtiers et le courtage cela ne crée pas d’emplois et pas de valeur ajoutée non plus.

  • Susciter un changement de comportements : Les pouvoirs publics ont bien travaillé, ils ont même très bien travaillé. Les opportunités de travail et de formation ne manquent plus, l’accès au microcrédit est devenu une réalité, le BTP, les mines, la pêche et autres secteurs offrent des milliers d’emplois. Malheureusement les mentalités d’eternels assistés ont la vie dure. L’état est donc tenu de provoquer un changement de comportements à même de pousser les récalcitrants vers la vie active. Seuls ils n’y parviendront et continueront à encombrer les couloirs de l’administration, gênant la bonne marche du service et déversant leur poison sur ceux qui n’acceptent pas ou n’ont pas les moyens de casquer. Alors si vous voyez que tel responsable est traîné dans la boue ne vous posez pas trop de questions, le pauvre bougre a dû refuser de cracher au bassinet.

Ces mesures si elles sont appliquées auront pour effets immédiats de calmer une scène médiatique bouillante et bouillonnante, de renforcer l’unité nationale, les médias véhiculeront moins de messages racistes ou haineux. Enfin elles en surprendront plus d’un, soyez en surs.

En écrivant ces lignes mon intention est juste d’attirer l’attention sur des maux qui nous minent et dont on ne parle pas assez. Peut-etre que cette modeste contribution permettra de lancer le débat. Et ici je saisis l’occasion pour appeler à des débats apaisés et dépassionnés. Insulter et dénigrer est si facile, enfin à ceux qui font d’habitude la fortune des psychiatres. Les personnes saines se contentent elles d’un débat d’idées.

SEF Sidi Mohamed

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